La crise du pouvoir d'achat
L'inflation qui flambe, les salaires qui stagnent, les prix des produits de grande consommation qui augmentent et la croissance qui flanche ... l'année 2008 démarre sur les chapeaux de roue. Les Français sont inquiets et le gouvernement trinque. Tour d'horizon.
94% des Français sont persuadés que l'inflation va se poursuivre
Pas très optimistes les Français, et surtout, un peu anxieux. Entre croissance en berne et inflation galopante, la hausse des prix -alimentaires et matières premières en tête-, mais également l'incontournable et combien anxiogène question du pouvoir d'achat les préoccupent comme jamais. Et ça n'est vraisemblablement pas l'annonce vendredi 28 mars du déficit public de la France, qui a atteint 2,7% du PIB en 2007, qui viendra changer la donne.
Pessismistes donc, ils sont 98% à avoir le sentiment que le coût de la vie a augmenté depuis un an, et plus de 9 sur 10 à penser que la hausse de l'inflation est amenée à se poursuivre dans les mois à venir, indique une étude Ifop publiée le 28 mars. Résultat, les Français font grise mine, et ça se sent : plus d'un sur deux sont inquiets et près de 70% pensent que les turpitudes de la valse des prix auront un impact sur leur pouvoir d'achat.
Décalage
La crise s'installe et peut-être plus que de rigueur. L' étude révèle ainsi « un hiatus assez prononcé entre le chiffre de l’inflation perçu par les Français et celui annoncé par l’Insee, l’inflation sentie apparaissant près de quatre fois supérieure au chiffre officiel (2.8% pour la période février 2007- février 2008). » Le décalage est significatif et montre bien la profondeur du ressenti. Pour preuve, 16% des personnes interrogées estiment que l'inflation a augmenté de plus de 20% au cours de l'année.
De même, parmi les produits jugés les plus 'inflationnistes', les « données de l'Insee s'avèrent bien inférieurs à la perception de l'augmentation des prix par les Français, » relève l'Ifop. L'écart s'avère particulièrement important s'agissant des produits alimentaires (16,8 % d'inflation perçue contre 4,8 % constatés par l'Insee), ou encore l'immobilier (19,3 % perçus contre 2,9 % annoncés par l'Insee).
Changement de comportements
Pas étonnant alors que la hausse de l'inflation tende à modifier les comportements pour une majorité de Français (46%). Quelque 61%, employés en tête,déclarent ainsi avoir l'intention de moins dépenser à l'avenir, ce qui risque d'avoir de lourdes conséquences sur l'économie.
Dans un tel contexte, les attentes sont multiples et l'Etat est lourdement sollicité. « De là découle une impérieuse attente de voir cet enjeu », à savoirla lutte contre l'inflation mais aussi la consommation des ménages « constituer ' la priorité des priorités ' de l’action gouvernementale, dans le droit fil de la campagne présidentielle » conclut Frédéric Dabi de chez Ifop.
Crédit photo: Andrea Guerra (Flickr)
Echantillon de 955 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession de la personne interrogée) après stratification par région et catégorie d’agglomération. Du 3 au 5 mars 2008.
Source :
1 opinion-
LEF (république française), 01 avril 2008 à 00:42
entièrement d'accord.
On augmente l'égard entre les nantis et les pauvres.

































