La crise du pouvoir d'achat
L'inflation qui flambe, les salaires qui stagnent, les prix des produits de grande consommation qui augmentent et la croissance qui flanche ... l'année 2008 démarre sur les chapeaux de roue. Les Français sont inquiets et le gouvernement trinque. Tour d'horizon.
+2% - la consommation rebondit
Qui l'eût cru? Alors que tous les indicateurs pointent dans la direction opposée, la consommation des ménages rebondit de façon inespérée au mois de mai.
Avec une progression de 2%, c'est la plus forte hausse mensuelle enregistrée depuis janvier 2004, et ce après deux mois de baisse, indique l'Insee mardi 24 mai. A cela on ajoute le moral des industriels, qui se stabilise et stoppe en juin la baisse entrevue en mai. Des chiffres inattendus qui doivent réconforter le gouvernement, et ce notamment après la publication jeudi dernier de sombres prévisions de croissance pour le trimestre en cours (0,2 %) et les deux suivants (0 % et 0,2 %).
Perspectives moroses
Alors que les soldes viennent de démarrer, la performance de mai tient avant tout à la bonne tenue des ventes du textile, dont les achats ont connu leur plus forte hausse depuis janvier 2004 (+ 4,3 %), très certainement dopés par la douceur estivale des dernières semaines. De quoi redonner le sourire aux professionnels pour qui les soldes s'annoncent cruciales, leur permettant peut-être de sauver une année plutôt mal engagée.
Et puis surtout, c'est la vente d'automobiles (+ 5,6 %), particulièrement dynamique en mai après deux mois de baisse, qui gonfle les chiffres de la consommation.
Les nouvelles semblent bonnes mais attentions à ne pas s'y méprendre : si l'UMP estime que c'est de « bon augure pour l'économie », les perspectives restent plutôt moroses. Ne pas s'emballer donc.
Pessimisme
En effet, rapporte encore L'Insee, « la consommation des ménages ne représente que 25 % de la consommation totale », et « la consommation alimentaire recule depuis neuf mois et celle de services a été faible au premier trimestre ». « Même avec un scénario optimiste, la consommation des ménages sera en stagnation sur le trimestre ». D'autant qu'entre la forte inflation, la stagnation des salaires, la chute du pouvoir d'achat et le retournement annoncé de l'immobilier, il semble difficile de parier sur un redressement durable de la consommation.
Des prévisions jugées très « pessimistes » par le ministre du Budget, Eric Woerth, pour qui « la consommation ne se tient pas trop mal ".
Source :
INSEE
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