76ème en sciences de la vie, 75ème en informatique... Les universités françaises à la traîne
Pas de quoi se tirer les bretelles, le cocorico n'est pas de circonstance. Les facultés françaises sont à la traîne et ça commence à faire jaser. A l'heure où le gouvernement planche tant bien que mal sur le projet de réforme de l'enseignement supérieur, l'université Jiao Tong de Shanghaï publie sont palmarès annuel des 500 meilleurs universités mondiales. Pour la deuxième année consécutive, l'établissement dresse un classement par grandes disciplines (médecine, mathématiques, informatique, sciences sociales et sciences de la terre), établi à partir des performances de chaque institution en matière de recherche. Profil bas pour les universités hexagonales, le bilan n'est pas fameux.
Les Etats-Unis en tête
Si les établissements français sauvent la face dans le domaine des mathématiques et des sciences naturelles, avec l'université Paris-XI à la 25ème place du classement, suivie par Paris-VI (Pierre-et-Marie-Curie, 31ème), l'Ecole normale supérieure (39ème), Strasbourg-I (Louis-Pasteur) et Paris-VII (Paris-Diderot) (52ème ex aequo avec une trentaine d'universités), le reste est moins glorieux. En sciences médicales, Paris-V-Descartes fait son apparition pour la première fois et se hisse au 76ème rang, ex-aequo avec une trentaine d'autres. Pour les sciences de la vie, Paris-VI figure à la même place. En informatique et sciences de l'ingénieur, l'université Bordeaux I et l'UPCM-Paris VI figurent à la 51ème et 75ème place. Plus inquiétant, la catégorie des sciences sociales où aucune université française ne parvient à entrer au palmarès.
Sans surprise, le classement de Shanghai souligne une fois encore la suprématie des établissements nord-américains, champions incontestés toutes catégories de ce palmarès. Berkeley, Stanford, mais aussi Havard caracolent en tête, laissant loin derrière les universités européennes -exception faite de Oxford et Cambridge en Grande-Bretagne, qui atteignent le top 10 dans plusieurs disciplines. Un bilan peu reluisant qu'il convient néanmoins de temporiser car ce palmarès ne fait pas l'unanimité.
Très critiqué, le classement de Shanghaï évalue les établissements en fonction de critères comme la taille, le volume de publications scientifiques -en anglais- ou le nombre nombre d'anciens ou d'enseignants ayant reçu des prix Nobel. "C'est un classement tourné exclusivement sur la recherche et la performance académique, qui favorise les établissements importants au détriment d'instituts plus petits et spécialisés", explique à ce propos Philippe Jacqué, journaliste au Monde de l'Education.
Les grandes écoles oubliées
Autant de critères qui n'avantagent pas les universités françaises, souvent de petites tailles et publiant peu en anglais. "Résultat, beaucoup ne sont pas prises en compte par Jiao Tong, ce qui fausse la donne" ajoute-t-il encore. De plus, "les chercheurs français, les prix Nobels sont plus souvent rattachés à des centres de recherche qu'à l'université. Et quand ils appartiennent aux deux, dans leurs publications, c'est le CNRS ou l' INRA qu'il mettent en avant plus que l'université à laquelle ils sont rattachés. Là encore, ils ne sont pas comptabilisés dans le classement," poursuit le journaliste. Et puis il y a les absentes de ce palmarès, les grandes écoles, fleuron de l'enseignement supérieur français. Trop spécialisées et pointues, trop petites, trop franco-françaises surtout, celles-ci ne sont pas prises en considération.
Suite à la publication de l'étude, Valérie Pécresse, la ministre de l’enseignement supérieur s'est prononcée en faveur d'un "label qualité" pour les universités européennes, qui sera aussi "l'un des chantiers de la présidence française" à l'UE qui débute en juillet. "Nous devons également établir notre propre classement européen", affirme-t-elle, en écho à la commission européenne qui travaille sur la question depuis le début des années 2000. Pour la ministre, le classement de Shanghai montre que "la France doit entrer dans cette bataille mondiale de la connaissance." Jugeant "le système dual grandes écoles-universités" comme une "faiblesse" de l'enseignement supérieur français, Mme Pécresse estime cependant nécessaire de "préserver certaines spécificités du système français, notamment ses faibles frais d'inscription".
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