44% des Russes pensent que Dmitri Medvedev est un homme honnête
Porté à la présidence Russe avec plus de 70% des voix le 2 mars dernier, l'ancien premier vice-Premier ministre et dauphin de Vladimir Poutine, Dmitri Medvedev semble jouir d'une bonne image auprès de la population. Élu au terme d'une campagne sans relief et sans surprise, dont la couverture médiatique lui était largement acquise, le 3e président de la Russie post-soviétique est toutefois perçu par la plupart des Russes comme un homme de démocratie, indique un sondage réalisé par le centre Levada.
Cette étude révèle que les Russes se montrent plutôt séduits par ce nouveau président dont l'élection, entachée d'irrégularités, a largement été dénoncée par les observateurs occidentaux. Pourtant, 44% des personnes interrogées voient en ce juriste de 42 ans un homme d'expérience, énergique, résolu mais aussi honnête. Un quart des personnes interrogées (25%) estiment que M. Medvedev est un leader charismatique ouvert au compromis, proche du peuple et donc en phase avec leurs besoins. Par ailleurs, 20% des Russes le jugent apte à maintenir l'ordre et la stabilité dans le pays.
Réduire l'inflation, augmenter les salaires
Alors que la Russie a bénéficié d'une longue période de développement économique sous l'autorité de Poutine grâce, notamment, à l'envolée des cours du pétrole et du gaz, le pays est aujourd'hui en proie à une inflation galopante, doublée d'une surévaluation du rouble. Avec des riches très riches et des pauvres très pauvres, la Russie est en passe de devenir un pays particulièrement inégalitaire, et cela se lit dans les attentes de la populations. Coeur des préoccupations des Russes, 55% pensent que la première tâche du protégé de Vladimir Poutine devrait être d'augmenter les salaires et les retraites. Quelques 66% souhaitent qu'il réduise l'inflation, là où une personne interrogée sur deux (51%) désire qu'il éradique la corruption.
En second lieu, souligne encore l'étude, le président devrait également travailler à "combattre le crime" (39%), "soutenir l'agriculture et relancer les entreprises d'Etat" (37%). En revanche, seuls 26% des personnes interrogées pensent que l'ancien vice-Premier ministre devrait renforcer la position de la Russie sur la scène internationale ou augmenter les capacités militaires du pays. Preuve qu'en dépit des déclarations de Medvedev à propos de la défense des intérêts russes dans le monde, la population reste davantage préoccupée par la situation intérieure de la Russie.
Véritable enthousiasme en faveur du nouveau président en place ou produit de la vaste campagne médiatique des deux derniers mois, le candidat de Vladimir Poutine, qui deviendra son Premier ministre à partir de mai prochain, cristallise bien des attentes de la part des Russes. Reste maintenant à voir qui du président à venir ou du président sortant, auquel la Constitution interdit de briguer un troisième mandat consécutif à la tête de l'État, deviendra le maître de la Russie.
Sondage Levada effectué auprès de 1600 personnes le 3 mars.
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