40% de vote à droite contre 47,5% à gauche : des municipales difficiles pour la majorité
Poussée significative de la gauche au premier tour des élections municipales dimanche 9 mars, avec 47,5% des voix contre 40% pour la majorité, selon un sondage CSA-Dexia. Au sein de l'opposition, l'humeur n'est pas encore au triomphalisme débridé, car les résultats sont loin de la vague rose annoncée par les sondages. Avec un taux de participation situé entre 68% et 70,5%, selon les instituts de sondages, la fréquentation des bureaux de vote était toutefois supérieure aux 67,29% enregistrés au même moment en 2001. Petit tour des résultats de ce 1er tour.
Les villes où la gauche pourrait s'imposer
A Lyon, le maire PS sortant Gérard Collomb a créé la surprise en conservant dès le premier tour cette ville gagnée en 2001, balayant l'ancien ministre UMP Dominique Perben avec 52,9% contre 30,3%, selon une estimation Ipsos. A Nantes, le socialiste Jean-Marc Ayrault l'emporte aussi.
Selon l'étude, Bertrand Delanoë paraît assuré de conserver Paris, où il devancerait l'UMP Françoise de Panafieu de 14 points avec 41,9% contre 27,7% et où la gauche a conservé dès dimanche les IIIe, XIe et XIXe arrondissements.
Rouen, Laval, Alençon, Bourg-en-Bresse et Rodez ont basculé à gauche, tandis que le PS conserve dès le 1er tour ses bastions du Mans, de Tourcoing, d'Auxerre et est très bien placé à Lille, Caen, Strasbourg, Rennes, Brest, Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais, face à la FN Marine Le Pen), mais aussi Quimper, Narbonne et Mende. A Reims et à Metz, des luttes fratricides à droite font le jeu du PS pour le second tour, selon l'AFP.
Le MoDem en difficulté
A Pau, les résultats officiels montrent que le leader du MoDem, crédité de 32,61% des voix, pourrait affronter une triangulaire avec la PS Martine Lignères-Cassou (33,87%) et le sortant PS soutenu par l'UMP Yves Urieta (27,80%).
Les villes qui votent à droite
La droite résiste dans plusieurs villes symboles où elle paraissait menacée.
A Marseille, la liste du sortant UMP Jean-Claude Gaudin devancerait celle du PS Jean-Noël Guérini (41% contre 39%), selon l'enquête Ipsos. Et à Toulouse, le sortant UMP Jean-Luc Moudenc l'emporterait d'une courte tête avec 42,6% contre 39% pour le socialiste Pierre Cohen. La droite conserve encore des bastions comme Cholet, Epinal et Meaux, indique l'AFP.
A Bordeaux, là même où il avait subi un cuisant revers il y a 9 mois aux législatives, l'ancien Premier ministre Alain Juppé obtient une très belle revanche, avec 56,62% des voix.
Seuls trois des 22 ministres candidats abordent en situation délicate le second tour: Christine Lagarde (Economie), numéro 2 de la liste UMP conduite par Jean-Marie Cavada dans le XIIème arrondissement de Paris, est distancée de plus de 20 points par la liste PS, Xavier Darcos (Education), maire sortant de Périgueux, a obtenu 45,25% contre 45,70% au PS Michel Moyrand, et Rama Yade (Droits de l'Homme) est en difficulté à Colombes (Hauts-de-Seine).
Leurs collègues Laurent Wauquiez (porte-parole du gouvernement) et Luc Chatel (secrétaire d'Etat à la consommation) ont en revanche conquis dès le 1er tour deux villes de gauche, Le Puy-en-Velay et Chaumont.
L'un des débats majeurs du second tour s'est profilé dès dimanche soir, la gauche accusant la droite de ne vouloir tirer aucun enseignement du vote pour la politique du gouvernement. Nicolas Sarkozy et François Fillon avaient dès avant le scrutin assuré qu'ils "garderaient le cap", explique encore l'AFP.
Crédit photo: a.goffard (Flicker)
téléphone le 9 mars 2008 au domicile des interviewés.
Echantillon représentatif de 2006 personnes âgées de 18 ans et plus, inscrites sur les listes électorales des communes de plus de 3500 habitants, constitué d'après la méthode des quotas (sexe, âge, profession du chef de ménage), après stratification par région et par catégorie de commune.
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