69% des Français s'adonnent à la lecture
La polémique enfle autour du salon du livre -dont l'Etat d'Israël est l'invité d'honneur, à la grande indignation de nombreux pays arabes et musulmans- et menace de transformer cet événement littéraire en joute politique aux contours explosifs. Au même moment, une étude fait le point sur le rapport des Français à la lecture. Bilan: l'hexagone compte à peu de chose près autant de lecteurs que par le passé, mais ceux-ci lisent moins.
Si 42% des Français lisaient plus de 5 livres par an en 1983, ils ne sont plus que 34% aujourd'hui, selon une enquête TNS-Sofres publiée le 12 mars. Rien d'alarmant pourtant. A l'heure où Shimon Pérès, le président israélien, se prépare à inaugurer le salon, on apprend également que la proportion des Français lecteurs a plutôt augmenté, même si très légèrement, en 20 ans: ils étaient 66% en 1981 et sont 69% en 2008. On observe toutefois que 31% des personnes interrogées ne lisent pas.
Ainsi, les «petits lecteurs» (ceux qui ont lu entre un et cinq livres au cours des douze derniers mois) sont de plus en plus nombreux : ils sont passés de 24% de la population en 1981 à 35% aujourd’hui. Parallèlement, la proportion de Français «grands lecteurs» (ceux qui déclarent avoir lu plus de vingt livres) diminue régulièrement: ils étaient 14% en 1981 et ne sont plus que 9% aujourd’hui. Le nombre de «lecteurs moyens» (qui ont lu entre six et vingt livres au cours des douze derniers mois) est également en baisse: ils étaient 28% en 1981 contre 25% en 2008.
Influence du milieu et du niveau d'éducation
L'étude relève une distinction par sexe, niveau d'instruction et catégorie socio-professionnelle. Les non
lecteurs appartiennent souvent aux classes sociales modestes (48% des
ouvriers sont des non lecteurs, contre 31% en moyenne), n’ont aucun
diplôme (54% de non lecteurs) un diplôme inférieur
au baccalauréat (38% de non lecteurs) ou vivent en zone rurale. En outre,
les hommes lisent moins que les femmes.
Selon TNS-Sofres, les «grands lecteurs» (ceux qui déclarent avoir lu plus de vingt livres au cours de l’année passée) sont la plupart du temps diplômés de l’enseignement supérieur (17%), issus de milieux aisés (20%) ou sont cadres (17%).
On observe également que si les 50-64 ans lisent un peu plus que les autres, le temps disponible ne semble pas non plus corrélé à la fréquence de lecture: les retraités ne lisent pas plus que la moyenne des Français.
Les internautes: de grands lecteurs
Contrairement à ce que l'on pourrait croire, les utilisateurs d'Internet ne lisent pas moins. Au contraire, car les internautes lisent davantage que les autres: 13 % des Français qui surfent sur le web tous les jours ou presque sont de «grands lecteurs» (contre 9 % en moyenne) alors que seulement 20 % d’entre eux sont non lecteurs (contre 31 % en moyenne). Parmi ceux qui n’utilisent pas l’outil Internet en revanche, 43 % sont non lecteurs.
Pour
comprendre ces résultats, il faut bien sûr avoir à
l’esprit que les utilisateurs réguliers d’Internet sont
des Français qui appartiennent plus souvent aux catégories
sociales aisées et diplômées, lesquels sont aussi
les plus grands lecteurs.
Fiche technique : Étude réalisée en face-à-face, pour le Groupe Casino et L'Hémicycle, les 6 et 7 mars 2008, auprès d'un échantillon national de 1000 personnes, représentatif de l'ensemble de la population française âgée de 18 ans et plus. Méthode des quotas (sexe, âge, profession du chef de ménage PCS) et stratification par région et catégorie d’agglomération.
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