62% des Français souhaitent que le gouvernement change sa politique
J-1, les esprits s’échauffent et les pronostics vont bon train. Pas de suspens dévorant quant à l’issue de ces élections municipales que la gauche est en bonne voie de remporter, mais plutôt une interrogation persistante sur ‘l’après’. A quelques heures du vote décisif, dimanche 16 mars, il est clair que les Français s’expriment en faveur d’un changement de cap. Ils sont 62% à souhaiter que le gouvernement modifie sa politique, comme l’indique en ultime analyse une enquête BVA-l’Express publiée partiellement les 14 et 17 mars.
Avertissement
Que l’issue de ce premier tour ait été un «croisement entre mécontents et impatients» selon les termes de Jean-François Copé, président du groupe UMP de l'assemblée nationale ou un «avertissement», comme le souligne Pierre Moscovici, député PS du Doubs, qui s’exprimaient l’un et l’autre sur le sujet lors d’une conférence de presse BVA-l’Express samedi 15 mars, Nicolas Sarkozy semble sérieusement invité à changer son fusil d’épaule. Ainsi, ils sont 86% des sympathisants PS, 70% des électeurs MoDem et 25% des affiliés UMP à se prononcer en faveur d’un renouveau.
Renouveau de politique, mais pas seulement. Quelques neuf mois après les présidentielles, c’est tout le bilan de l’équipe gouvernementale du chef de l’Etat qui est remis en question. Alors que tout porte à croire, Ray-Ban et breloque scintillante au poignet mises à part, que le président continuera sur sa lancée et conservera ainsi son équipe en l’état, seuls 37% des Français souhaitent «que le gouvernement reste tel quel». Un carton jaune qui ne sera probablement pas pris en compte par Nicolas Sarkozy, car de l’aveu même de Pierre Moscovici, «un changement de gouvernement, à deux mois de la présidence de l’Union Européenne, c’est franchement risqué.»
Ainsi, il est révélateur et «un peu décevant», d’observer que le ministre actuel que les Français «aimeraient voir jouer un rôle accru après les municipales» -le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner- n’est plébiscitée que par 18% des sondés. Il est suivi de Jean-Louis Borloo (17%) et Rachida Dati (12%). Seul à trouver grâce aux yeux des Français, François Fillon toujours, dont la popularité croissante «n’est que l’expression du mécontentement par rapport au président» selon le député PS du Doubs.
Alternative?
Bilan : Là où la droite déçoit ou exaspère, la gauche progresse. Sans pour autant convaincre totalement. En témoignent les résultats du premier tour de ces élections d’après Jean-François Copé, loin du «tsunami annoncé». Manière de dire que le PS, avec ses cacophonies, ses discours dissonants, et «son identité à définir» selon Pierre Moscovici, a du mal à proposer et incarner une véritable alternative aux yeux des Français? Aujourd’hui, les citoyens de l’hexagone ont toujours du mal à se départager quant à la personnalité qui dirigerait le mieux le PS dans le futur. Pour la majorité d’entres eux (30%), c’est le maire sortant de Paris, Bertrand Delanoë. Pour 45% des sympathisants de gauche en revanche, il s’agirait de Ségolène Royale, en tête devant ses amis du Parti Socialiste.
Quant à François Bayrou, troisième homme auto-proclamé de ces élections, dont les alliances à géométrie variable ont fait l’objet de bien des critiques, il ne semble pas en position de changer la donne. Coup de barre à droite, coup de barre à gauche, le chef de file du parti démocrate agace et lasse, son avenir ne semble pas assuré. Le président du groupe UMP de l’assemblée nationale prédit à celui qui ne représente qu’un «vote de rejet», «beaucoup de difficultés par la suite, car il n’incarne ni la droite, ni la gauche». Des propos confirmés par le député PS, car bien que François Bayrou soit «un opposant pour la droite» -et donc un allié potentiel comme le montre l’appel au ralliement lancé par Ségolène Royal lundi dernier- il «coulera tant qu’il ne clarifiera pas ses alliances». De fait, aujourd’hui, 55% des Français, dont 43% des sympathisants PS ne souhaitent pas une alliance entre PS et MoDem dans le futur. Ils étaient 44% en décembre dernier. Perturbés par des prises de position «à la carte», les Français semblent ne plus savoir ce que cherche et représente le MoDem. Les mois à venir promettent d’être passionnants. Saga à suivre donc.
Crédit photo: Daniel Pastor (Flickr)
Sondage réalisé par téléphone auprès d’un échantillon national représentatif de 963 personnes âgées de 18 ans et plus, du 12 au 13 mars 2008.
1 opinion-
taxi , 24 mars 2008 à 21:20
juste pour confirmer que la censure existe sur le site 20 mn !! incroyable !! comme en chine !!! et ce même en citant un article d'un Journaliste ! les modérateurs démission









