49% des voix pour le PS : vague rose aux municipales
La gauche confirme sa poussée au second tour des municipales. Le dimanche 16 mars, les Français ont majoritairement décidé de confier leur ville à un maire PS. «Sanction», «avertissement» ou simple «rééquilibrage», la ‘vague rose’ s’installe, signe que le gouvernement, qui s’est fortement mobilisé dans l’entre-deux-tours, n’est pas parvenu à inverser la tendance. Dans un contexte de mécontentement lourd, la gauche se place largement en tête (plus de 49% des voix) et fait basculer plusieurs villes-clés dans son camp. Retour sur les résultats les plus représentatifs de ce duel gauche-droite.
A gauche
Symboles les plus emblématiques de cette victoire, les villes de Toulouse et Strasbourg, qui passent désormais à la gauche. A Toulouse, le socialiste Pierre Cohen (50,9%) bat le maire sortant UMP Jean-Luc Moudenc (49,58%). Même constat à Strasbourg où la maire UMP sortante Fabienne Keller ne recueille que 42,8% des suffrages et est donc battue par le socialiste Roland Ries (58,33%).
Le bilan n’est pas plus brillant pour le Ministre de l’Education Xavier Darcos, à Périgueux. En dépit du soutien de François Fillon et Alain Juppé pendant l’entre-deux-tours, son adversaire socialiste, Michel Moyrand, l’emporte avec 50,4% des voix contre 49,58%.
Défaite également pour Gilles de Robien, prédécesseur de Xavier Darcos au ministère de l’Education Nationale. Celui-ci perd la mairie d’Amiens, qu’il détenait depuis 1989 avec 43,79% des voix contre 56,21%.
Reims également, passe à gauche: l’ancienne ministre UMP Catherine Vautrin perd face à son adversaire PS. A Saint-Etienne, Metz, Caen, la gauche l’emporte également.
Pas de surprise en revanche dans les villes de Lille et Paris, déjà largement acquises à la gauche. A Lille, Martine Aubry (PS) est réélue sans difficultés avec plus de 66% des voix.
A Paris, Bertrand Delanoë s’impose face à la candidate de droite, Françoise de Panafieu, avec 57% des voix contre 49,6%. Sur les 20 arrondissements de la ville, 12 restent à la gauche. L’UMP arrive en tête notamment dans le 5e, où Jean Tibéri est réélu de justesse, le 1er, le 15e et le 17e, fief de Françoise de Panafieu et le 7e de Rachida Dati, mais s’incline dans le 4e et le 12e, arrondissements dans lesquels la ministre de la culture, Christine Albanel et la ministre de l’Economie, Christine Lagarde, se présentaient.
La gauche confirme son avance du premier tour, et amplifie ainsi les résultats du 9 mars. Au sein de l’opposition, cette « vague rose est un message au chef de l’Etat », comme le souligne Martine Aubry, une « sanction contre l’hyper-personnalisation du pouvoir », mais aussi une manifestation de la « peur et de l’inquiétude grandissante des Français » selon Ségolène Royal.
Bayrou distancé
Quant à François Bayrou, il n’a pas réussi son pari à Pau. La troisième voie, incarnée par le président du MoDem n’a pas rencontré le succès espéré. François Bayrou est finalement battu par la députée socialiste Martine Lignières-Cassou, mais de peu : environ 343 voix d’écart... Une défaite «pour la ville de Pau, mais pas pour moi», commente le chef de file du Parti Démocrate qui attribue l’origine de la victoire de sa candidate au maintien de la liste du maire sortant Yves Urieta, soutenu par l’UMP. «J’ai ma carrière politique, et je la continue» poursuit-il.
A droite
En revanche, la gauche cède la place à Calais, Agen, Châtellerault, Gap ou Mont-de-Marsan. A Nice, l’UMP Christian Estrosi arrive en tête. Le secrétaire d’Etat à l’Outre-Mer a immédiatement confirmé qu’il démissionnerait du gouvernement dès demain.
Et puis surtout, après des semaines de campagne difficile, Jean-Claude Gaudin conserve la mairie de Marseille pour la troisième fois face à son rival socialiste Jean-Noël Guérini. Quatre secteurs à droite, quatre autres à gauche dans une ville qui en comporte huit, l’UMP l’emporte de peu. Victoire essentielle pour la majorité, car elle lui permet de garder la face dans ces municipales laborieuses.
En dépit de résultats peu favorables, la droite tente de faire bonne figure. Pour la majorité, on est loin du raz-de-marée annoncé. Selon Eric Woerth, on assisterait simplement à un «rétablissement partiel de la défaite de 2001». Pour François Fillon, très « interpellé par le taux d'abstention » record, ces résultats sont une invitation à persévérer dans la voie « des réformes engagées ». Signe, à demi-mot, que le gouvernement a compris le message qui lui était envoyé. Reste maintenant à voir les conséquences qui en seront tirées dans les mois à venir.
Crédit photo: socialiste37 (Flickr)
Ministère de l'Intérieur, Mairies de Strasbourg, Toulouse, Lille, Pau, Marseille, Paris, Périgueux.
Source :
1 opinion-
lefrançais, 22 mars 2008 à 22:02
pour moi ces elections n'ont aucune valeur car la moitié des français n'ont pas votés.
Vie Quotidienne > pouvoir d'achat
des Français brident leurs achats pour faire face à la hausse des prix








