50% des Français sont prêt à s'expatrier
Les Français, aventuriers en puissance ? A ce jour, ils sont un sur deux à se dire prêts à quitter les verts pâturages de nos campagnes pour partir s'installer à l'étranger et tenter l'expérience professionnelle en dehors des frontières de l'hexagone, indique une enquête réalisée par le cabinet de recrutement américain Kelly Services.
Voilà des mois qu'on nous parle de la fuite des cerveaux, du mécontentement de ces jeunes diplômés qui désertent le territoire dès que l'occasion se présente. Au lendemain d'élections municipales plutôt laborieuses pour le gouvernement, voilà des chiffres qui devraient amener le chef de l'Etat et son équipe à réfléchir.
Poussés par une conjoncture économique difficile, un marché de l'emploi instable et précaire, les Français envisagent d'aller chercher fortune ailleurs et ce, pour 37% d'entres eux, sans même parler la langue du pays ... à condition toutefois que fortune il y ait. Aventuriers, mais pas complètement têtes brûlées nos concitoyens...
Les femmes moins mobiles que les hommes
On plébiscite le dépaysement, certes, mais dans une certaine mesure : pas question de s'expatrier n'importe comment ni pour n'importe quoi. Ainsi, en dépit de l'agacement croissant face à une situation économique qui va en se dégradant et malgré les fourmis qui courent le long des jambes, certains points sont moins négociables que d'autres. Premier frein à la délocalisation: les raisons familiales (pour 58% des sondés), suivie de la barrière linguistique (41%), la scolarité des enfants (26%), la propriété du logement (17%), les cotisations retraite (15%) et enfin l'imposition (11%). C'est ainsi la perspective de s'éloigner de sa famille qui semble refroidir les vélleités de départ.
C'est donc sans trop de surprise que l'on constate que les femmes sont moins mobiles que les hommes et que les moins de 34 ans ont beaucoup plus de facilités que les autres à faire leurs bagages. Ainsi, 56% des moins de 20 ans et des 25-34 ans et 53% des 20-24 ans sont prêts à partir à l'étranger.
«Alors que nous constatons une pénurie de talents dans certains domaines, recruter à l’étranger et profiter de la mobilité nationale et internationale de la main d’oeuvre est une excellente voie pour répondre aux besoins des entreprises» analyse le directeur général de Kelly Services.
Une dynamique fortement encouragée par la commission Européenne, qui depuis quelques années tente de stimuler la mobilité et les échanges géographiques des membres de l'Union. Le phénomène a beau être nécessaire à terme, pour l'heure, la France aurait néanmoins tout intérêt à encourager ses forces vives à rester.
Dans le cadre de cette étude internationale, 115 000 personnes ressortissantes de 33 pays dont 7000 en France ont été interrogées.
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