64% des Français pensent que le Medef était au courant de l'affaire de l'UIMM
Sale temps pour le Medef et sa patronne, Laurence Parisot. Alors que l'affaire des indemnités de départ versées à Denis Gautier-Sauvagnac, l'ancien président de l'IUMM, continue de faire scandale, 64% des Français disent penser que le la direction du Medef était au courant des agissements des dirigeants de la fédération de la métallurgie, selon un sondage CSA pour L'Humanité publié le 18 mars.
La version selon laquelle le Medef serait resté totalement ignorant des retraits de l'IUMM, opérés en liquide pendant plus de 30 ans (estimés aujourd’hui à 19 millions d’euros), ne semble pas convaincre les foules. Seuls 20% des personnes interrogées pensent que la présidente du Medef n'était "certainement pas ou probablement pas au courant".
Un constat d'autant plus préoccupant que l'épisode n 'est pas perçu comme anodin, bien au contraire: ainsi, pour 75% des sondés, l'affaire qui secoue l'Union des industries et métiers de la métallurgie est "grave" dont 41% pour qui elle serait même "très grave" . Seul 11% en revanche la jugent de moindre importance. Des sommes astronomiques à destination inconnue, retirées chaque années en liquides... beaucoup de travail en perspective pour réconcilier l'opinion avec l'organisation patronale.
Ordre et transparence
Laurence Parisot a beau s'être désolidarisée de l'UIMM, avoir crié son indignation en clamant que l'histoire «salit, abîme l'image du Medef, des entreprises» et avoir exigé que la fédération de la métallurgie lui remette ses mandats nationaux dans les institutions paritaires, le chemin risque d'être encore long. La crise de confiance s'est durablement installée.
De même, si de son côté, le nouveau président de l'UIMM, Frédéric Saint-Geours a publiquement condamné « l'absence de méthode, le fait qu'il n'y ait pas de contrôle, ni de processus de décision bien établi » au sein de la fédération, annonçant ainsi une remise à plat, rien n'y fait: plus de la moitié des personnes interrogées (59%) ne font confiance ni au gouvernement ni au Medef pour que, dans le futur, "les relations sociales soient en France plus transparentes et démocratiques».
En revanche, les Français sont plus nombreux (55%) à faire confiance aux organisations syndicales de salariés pour veiller à ce qu'il y ait plus de transparence dans les relations sociales.
Consciente que " la situation [est] dangereuse", la présidente du Medef entend profiter de cette crise pour accélérer la réforme des structures du mouvement patronal et, qui sait, réussir à assainir l'image du patronat. On ne peut que lui souhaiter bonne chance.
Crédot photo: medef (Flickr)
Sondage exclusif CSA / L’HUMANITE réalisé par téléphone le 12 mars 2008 au domicile des personnes interviewées. Echantillon national représentatif de 1004 personnes âgées de 18 ans et plus, constitué d'après la méthode des quotas (sexe, âge, profession du chef de ménage), après stratification par région et catégorie d’agglomération.
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