81,6 millions de femmes sans emploi dans le monde
La Journée internationale de la femme, qui a eu lieux le 8 mars dernier, a permis d'attirer l'attention sur la délicate question des femmes et du travail. Spécialiste du sujet, le Bureau international du travail (BIT), dresse un bilan mitigé.
Situation précaire
A l'heure actuelle, apprend-t-on, si les femmes sont de plus en plus nombreuses sur le marché du travail, elles subissent aussi davantage le chômage que les hommes et occupent davantage d'emplois précaires ou non rémunérés. Elles ont ainsi une probabilité plus forte d'être "confinées dans des emplois à faible productivité, mal rémunérés et vulnérables, sans protection sociale".
De fait, en 2007, le taux d'activité des femmes a atteint 52,5%, alors qu'il était de 78,8% pour les hommes, relève encore le BIT dans son rapport annuel sur les Tendances mondiales de l'emploi des femmes.
Parallèlement, le taux de chômage était de 6,4% pour les femmes contre 5,7% pour les hommes. Elles étaient 70,2 millions à ne pas travailler il y a 10 ans, elles sont 81,6 millions aujourd'hui.
«Les femmes continuent de rejoindre les rangs de la population active en grand nombre. Ce progrès ne doit pas dissimuler les inégalités flagrantes qui persistent sur les lieux de travail de par le monde», a déclaré le Directeur général du BIT, Juan Somavia.
Les inégalités hommes-femmes se réduisent peu
Le rapport montre en outre que les progrès enregistrés par la situation des femmes sur les marchés de l’emploi dans le monde n’ont pas entraîné de sensible réduction des inégalités entre hommes et femmes au travail.
De même, si la part des femmes disposant d'un emploi vulnérable a bien régressé de 56,1% à 51,7% depuis 1997, celles-ci souffrent toujours d'une situation plus précaire que les hommes, en particulier dans les régions les plus déshéritées du monde.
Et pourtant, souligne encore le BIT, «le lieu de travail et le monde du travail sont au centre des solutions globales aux problèmes d’égalité des sexes et d’avancée des femmes dans la société. En faisant la promotion du travail décent pour les femmes, nous renforçons les capacités des sociétés et faisons progresser la cause du développement économique et social pour tous».
L'Asie, la région où les femmes travaillent le plus
Et pour preuve : l’étude note ainsi que la région qui réussit le mieux en termes de croissance économique ces dix dernières années, à savoir l’Asie de l’Est, est aussi la région où l’on enregistre le plus fort taux d’activité de la population féminine (65,2 %), des taux de chômage peu élevés chez les femmes comme chez les hommes, et des écarts assez peu marqués entre les sexes, en termes de secteurs d’activité et de situations d’emploi.
« Davantage de femmes ont accès à l’enseignement, mais l’égalité dans l’éducation est une réalité encore bien lointaine dans certaines régions » conclut enfin l'étude.
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