+ 244% de journalistes tués en 5 ans
Le bilan 2007 est l'un des plus meurtriers de ces dernières années pour les professionnels de l'information : 171 journalistes sont décédés dans le Monde, dont 86 alors qu'ils exerçaient leur devoir d'informer. Les motifs de ces assassinats varient pourtant selon les pays.
Danger maximal en Irak
Les conflits en Irak, en Somalie et au Pakistan ont été les plus meurtriers pour les professionnels des médias. Le président de la Fédération Internationale des Journalistes (FIJ), Jim Boulmelha a déclaré que « la violence contre les journalistes a atteint des niveaux records » pour la troisième année consécutive.
Depuis Mars 2003 (date du début de la guerre), plus de 207 journalistes ont trouvé la mort en Irak. Aucun pays n'avait jamais enregistré un nombre de victimes aussi élevé. M. Boulmelha ne manque pas de souligner que « comme d'habitude, les travailleurs qui courent le risque le plus élevé sont ceux qui opèrent dans leur propre pays ». Cette année, parmi les 47 victimes, toutes sont irakiennes, à l'exception d'un reporter russe.
Ces ressortissants irakiens n'ont pas été victimes de balles perdues, mais ont été délibérément pris pour cible par des groupes armés. Ces derniers visent les journalistes des médias proches d'un courant religieux différents du leur et ceux travaillant avec des organismes étrangers ou financés par des fonds étrangers.
Attentats suicides au Pakistan
Au Pakistan, les six journalistes tués en 2007 ont été victimes d'attentats suicides comme Muhammad Arif, un journaliste de la chaîne pakistanaise Ary One World, qui couvrait le retour d'exil de Benazir Bhutto dans son pays, le 18 Octobre 2007.
Ce fut pour la Somalie une des années les plus meurtrières depuis dix ans. Sur 8 tués, trois d'entre eux étaient des personnalités importantes du monde des médias. On y retrouve entre autre, un des fondateurs de radio Horn Afrik ou encore le président du groupe presse Shabelle Média. Depuis, de nombreux responsables de médias indépendants ont déserté leur pays de peur d'être les prochains sur la liste.
Records d'emprisonnement pour la Chine et Cuba
Une trentaine de gouvernement dans le Monde font emprisonner les journalistes qui les dérangent. C'est une façon de répondre aux critiques formulées par ces professionnels. De ce point de vue, les deux plus grandes prisons du monde sont actuellement la Chine (33 journalistes emprisonnés) et Cuba (24 prisonniers). La Birmanie, le Sri Lanka et le Niger font également partie des pays où la liberté de la presse est très restreinte.
Et c'est au Niger, que deux journalistes français ont été arrêtés le 21 Décembre dernier par les autorités locales. Ils sont détenus dans le camp pénal de Kollo pour avoir enfreint l'interdiction de se rendre au Nord du pays et avoir tenter d'y réaliser un reportage sur la rébellion touareg du mouvement des Nigériens pour la Justice (MNJ).
Cette région qui est le théâtre d'affrontement réguliers entre l'armée nigérienne et la rébellion touareg est interdite d'accès, notamment aux journalistes. Pour cette faute jugée " d'atteinte à la sûreté de l'Etat ", Thomas Dandois et Pierre Creisson encourent à la peine de mort. Leurs proches invitent le président Mamadou Tandja à la clémence et soulignent les disproportions manifestes entre le délit et la sanction encourue.
2008, l'année des procès
90% des assassinats de journalistes restent impunis. Il est fréquent de voir que les gouvernements, des pays dans lesquels des journalistes ont été tués, parient sur le temps et l'oubli pour protéger les assassins de toute sanction. Pourtant, 2008 devrait voir deux procès, touchant à l'assassinat de journaliste, aboutir.
Firat Hrant Dink était un journaliste et écrivain truc d'origine arménienne. Il a été assassiné le 19 Janvier 2007, à Istanbul. En plus d'être le fondateur et le directeur de publication d'un journal controversé, il était le leader de l'opinion de la communauté arménienne en Turquie. Menacé de mort pour avoir qualifié le massacre arménien de 1915 de " génocide ", il s'est couvert des hostilités du gouvernement truc mais également et surtout des milieux nationalistes. Un procès doit être rouvert le 11 Février 2008 pour déterminer toutes les responsabilités de chacun et faire la lumière sur des complicités éventuelles au sein des forces de l'ordre, car la gendarmerie en charge de la lutte anti-terroriste aurait omis de fournir certaines preuves et ne serait donc pas totalement innocente dans le meurtre de Hrant Dink.
Anna Politkovskaïa une journaliste russe, était connue pour son opposition à la politique de Vladimir Poutine et pour sa couverture du conflit tchétchène. Alors qu'elle s'apprêtait à publier un article sur la torture en Tchétchénie impliquant directement Ramzan Kadyrov, le Premier Ministre tchétchène, elle est retrouvée assassinée, le 7 Octobre 2006. Les principaux suspects de son assassinat sont Ramzan Kadyrov et Boris Berezovski, un ancien dirigeant du FSB (ex-KGB) qui est à l'origine de la prise de pouvoir de Vladimir Poutine.. Depuis l'élection en Mars 2000 de ce dernier, 18 journalistes ont trouvés la mort et Anna Politkovskaïa est la dernière en date.
Reporters sans Frontières lutte contre l'impunité des assassinats de journalistes. Pour RSF " il est primordial que ces deux crimes commis aux portes de l'Europe soient résolus de manière exemplaire ". Ils insistent sur le fait que " l'issu de ces procès dépend, en partie, de l'avenir des journalistes, non seulement turcs et russes, mais également de tous ceux qui mènent des enquêtes sensibles dans des pays dangereux ".
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RSF n'a comptabilisé uniquement les journalistes tués dans le cadre de l'exercice de leur devoir d'informer.
Source :
RSF - Bilan 2007
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