80% des Italiens sont très inquiets de l'instabilité politique de leur pays
A quelques jours des élections législatives des 13 et 14 avril, les Italiens sont lassés et fatigués, anxieux et préoccupés. Une campagne électorale qui s'enferre et s'enlise, deux candidats qui s'opposent sans même s'être affrontés ... L'ennui guette et le moral flanche. A tel point que face à la désastreuse situation politique du pays, deux Italiens sur trois seraient entrain de développer des traumatismes d'ordre psychologique et nerveux, selon une étude menée par Eurodap, publiée le 2 avril.
Berlusconi en tête
Dans cette élection qui va « ressembler à un tirage du Loto », selon le ministre des Affaires étrangères, Massimo d'Alema, tant l'opinion reste fluctuante, versatile, et peu intéressée, c'est le Peuple de la Liberté (PDL), la nouvelle formation de Silvio Berlusconi, qui est actuellement en tête des intentions de vote, avec 5 à 7 points d'avance sur son adversaire de gauche, le Parti Démocratique (PD) de Walter Veltroni.
Pour l 'heure, il est difficile de prévoir l'issue du scrutin. Pourtant, une chose semble certaine : « plus de 60% des personnes interrogées pensent que l'environnement socio-politique influe de manière négative sur leur confort psychologique », analyse Paola Vinciguerra, psychothérapeute.
Augmentation des dépressions depuis la chute du gouvernement Prodi
« L'équilibre de tout individu, d'un point de vue physiologique et physique, est construit sur le contrôle que chacun a de ses propres projets, mais aussi sur l'impression d'appartenir à un projet existentiel ou d'avoir le support d'institutions sociales, » souligne encore la spécialiste. Tout un panel de caractéristiques fondamentales qui manquent visiblement aux Italiens aujourd'hui.
Eurodas affirme ainsi que le nombre de dépressions et crises de panique aurait beaucoup augmenté après la chute du gouvernement Prodi, à la fin du mois de janvier dernier.
Deux autres enquêtes, réalisées par l'Institut d'Etudes Politiques et de Sciences Sociales (Eurispes) et l'Institut National de Statistiques Italiennes (Istat) montrent également que 70% des Italiens ne se sentent pas représentés dans le paysage politique du moment. Près de 50% soutiennent aussi avoir perdu tout intérêt pour la chose.
Entre méfiance et déception, le vainqueur du scrutin aura fort à faire pour acquérir une vraie légitimité auprès des Italiens.
500 personnes âgées de 18 à 65 ans ont répondus à un questionnaire.
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