40 millions de Français menacés par le déremboursement des soins d'optique
Il y a quelques jours, c'était la Carte famille nombreuse. Aujourd'hui, c'est au tour du remboursement des soins d'optique de créer la polémique. Suite aux déclarations de la ministre de la Santé Roselyne Bachelot, dimanche 13 avril, sur le possible désengagement de la Sécurité sociale dans des secteurs comme la vue, dont les frais seraient pris en charge uniquement par des complémentaires santé, c'est même un véritable tollé.
Déficit de la sécurité sociale
L'opposition, mais surtout les professionnels de l'optique s'insurgent contre une mesure qui concernerait 40 millions de Français souffrant de déficience visuelle.
Selon la ministre de la Santé, une économie de "3 milliards d'euros" est nécessaire sur les dépenses maladie pour faire face au déficit de la Sécurité sociale. La question de la sortie de certains remboursements du régime obligatoire est donc « posée ».
Depuis, les syndicats et mutuelles d'assurance crient au scandale, chiffres à l'appui. Parce qu'il faut bien savoir que les troubles de la vision, ce sont 3 français sur 5 concernés, mais aussi 25% des enfants en âge d'aller à l 'école primaire, et surtout une population toujours mouvante et évolutives de personnes âgées de plus de quarante ans, dont la vue se dégrade avec les années, selon les chiffres de l'Association nationale pour l'Amélioration de la vue (ASNAV).
Ainsi pour certains, comme Christian Romeas, président du syndicat des opticiens sous enseigne cité dans le Parisien, une « démédicalisation totale de la santé visuelle des Français », comme ce serait le cas si le projet Bachelot passait, reste donc inenvisageable. « La sécurité sociale contrôle le système actuel et évite les dérapages .»
Mesure inégalitaire socialement
Et ce d'autant plus que les 8%
de Français n'ayant pas accès à une
complémentaire de santé seraient defacto laissés
sur le bord de la route par ce qui ressemble à s'y méprendre,
selon le PS, à la « privatisation »
du régime de santé.
En outre, rappelle encore
l'ASNAV, la santé visuelle ne représente "que
0,1% des dépenses de l'Assurance maladie", soit "130
millions d'euros", alors que le déficit de
l'Assurance maladie est de "10 milliards". Injuste
socialement, « on ne comprend pas beaucoup où
serait l 'économie » dans
cette mesure, souligne encore Christian Romeas.
Quant aux mutuelles, elles précisent, comme Jean-Pierre Davant de la Mutualité Française, que « si les complémentaires devaient gérer l’intégralité des dépenses en optique, et si devaient s’y ajouter les frais dentaires, comme cela est également évoqué, ces transferts aboutiraient à une augmentation des cotisations de 9% ». Ce qui augmenterait la facture des adhérents d'autant. Des « concertations » sont donc demandées de part et d'autre pour arriver à une solution satisfaisante pour tous.
Crédit photo: kiknok (Flickr)
Avec relaxnews
Source :
ASNAV
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