70% des enseignants contre l'autonomie des établissements scolaires
Revalorisation de la profession, oui, mais pas à n'importe quel prix. Les enseignants réclament une remise à plat du système, mais refusent à près de 70% le renforcement de l'autonomie des établissements scolaires, soit une des mesures phares du rapport Pochard. Remis en février, celui-ci constitue la base de travail à partir de laquelle le ministre de l’Education Xavier Darcos fera des propositions pour revaloriser le métier d'enseignant.
Malaise dans l'éducation nationale
Incompris, déclassé, le corps professoral est mal dans sa peau et le dit: plus de 9 sur 10 estiment d'ailleurs que la profession est socialement "dévalorisée", comme le montre un sondage CSA, réalisé pour le syndicat enseignant Snes-FSU. Le gouvernement tente d'apporter des solutions mais sans succès: les réactions aux propositions de la commission Pochard sont essentiellement négatives.
La question de l'autonomie des établissements notamment est sévèrement rejetée, avec une majorité d'enseignants hostiles à la mesure: décisions pédagogiques, horaires d'enseignement, contenus des programmes, tout y passe, les profs préfèrent que les choses ne soient pas décidées localement. De même, la majorité refuse un rôle accru du chef d'établissement, que plus de 70% ne veulent pas voir intervenir davantage dans le « processus des affectations », « l'évaluation des enseignants » ou l'attribution de primes ou indemnités.
Les proposition du gouvernement, insuffisantes
Même constat concernant les autres points soulevés par le rapport Pochard. Les professeurs s'opposent à la «bivalence dans le second degré» -c'est-à-dire former des professeurs à l'enseignement de deux matières en 6e-5e-, rejeté par 77% des sondés, et ne sont pas prêts à faire plus d'heures supplémentaires ou allonger leur temps de présence.
Quant à la rémunération des enseignants, dont 66% considèrent qu'il est plus urgent de l'augmenter contre 33% qui préféreraient diminuer la charge de travail, les solutions présentées ne sont, là encore, pas suffisantes. 56% jugent ainsi que la création de nouvelles indemnités ou l'augmentation d'indemnités existantes (rémunérant certaines tâches en dehors du service d'enseignement), ne peuvent "répondre à leurs attentes en matière de revalorisation" .
Lourde tâche que celle de Xavier Darcos. D'ores et déjà, les syndicats ont appelé à des journées de mobilisation les 15, 18 et 24 mai.
Crédit photo: fretless88/ Flickr
Sondage réalisé auprès d'un échantillon national représentatif de 503 enseignants du second degré de l'enseignement public selon des quotas de sexe, âge niveau de qualification, matière enseignée, établissement d'exercice et zone d'enseignement, par téléphone du 25 au 29 mars.
1 opinion-
Emer B, 23 avril 2008 à 12:54
le premier employeur de France (l'éduc nat) a dû mal à se positionner en patron - et c'est partagé par la base
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