15% des soldats revenant d'Irak souffrent de troubles psychologiques
Alors que la « guerre contre le terrorisme » entre dans sa septième année, près de 15% des soldats revenant d'Irak et d'Afghanistan, soit 300.000 en tout, souffrent de troubles psychologiques ou de dépression majeure. Aujourd'hui, seule la moitié se fait soigner, indique un rapport de l'institut de recherche américain RAND Corporation publié le 17 avril.
Violence et traumatisme
Depuis octobre 2001, environ 1,6 million de soldats ont été déployés lors des guerres contre l'Irak et l'Afghanistan.
Mort brutale d'un camarade, blessures graves ou scènes de
tueries, l'exposition à la violence et au combat est presque
toujours à l'origine des syndromes post-traumatiques (SSPT) et
de dépression présentés parmi ces anciens
soldats, dont 10% disent avoir été eux mêmes
blessés et hospitalisés.
On observe par
ailleurs que les taux de SSPT et de sérieuse dépression
sont plus importants dans le corps des Marines et de l'Armée
de terre, ainsi que chez les femmes et les hispaniques.
Manque de soins
Mais
plus alarmant encore, le constat selon lequel près de la
moitié des soldats souffrants de troubles psychologiques ne se
soignent pas. Manque de confidentialité, peur du qu'en dira
t-on, c'est la crainte de ne pas retrouver un emploi ou d'échapper
à un avancement qui mène les anciens soldats à
se taire.
Bilan d'autant plus alarmant que les conséquences
ne sont pas anodines. Selon les auteurs de l'étude, les
individus souffrants de ces syndromes consomment plus de tabac ou
d'alcool, développent davantage de troubles du comportement,
affectant à la fois leur vie sociale et sentimentale. Perte du
sommeil, irascibilité, accès de colère ... les
effets secondaires sont nombreux. De même, on relève un
taux de suicides plus importants chez ceux qui reviennent de mission.
Coût
Enfin, dernier point important de l'étude, le coût
de ces pathologies, qui se monte à 6,2 milliards de dollars au
cours des deux ans ayant suivi le déploiement des troupes.
Avec un traitement de qualité de ces troubles psychologiques,
une économie de 2 milliards de dollars serait possible, ce qui permettrait de diminuer d'autant la facture d'une des guerres les plus chères de l'histoire . Les
coûts sociaux sur deux ans pour un ancien combattant
psychologiquement en détresse peuvent aller de 6 000 dollars
(3 700 euros) à 25 000 dollars (15 700 euros) selon les cas.
Pour pallier ces problèmes, le centre de
recherches RAND Corporation suggère à l'armée de
créer un système de soins mentaux qui assure la
confidentialité.
Cette étude du centre de recherches américain a été menée auprès de 1 965 soldats provenant de 24 régions des Etats-Unis.
1 opinion-
jean-Paul, 25 avril 2008 à 00:01
Dramatique statistique d'un guerre de trop qui révèle un drame humain et social d'autant plus important que la structure médicale n'est pas au point.Beaucoup de vies détruites, pour rien, des milliards partis en fumée, qui auraient été plus utiles à l'aide alimentaire ou à réduire la pollution, améliorer notre environnement.
Quel gachis!










