6% des entreprises françaises reconnaissent avoir eu des problèmes de corruption
Les affaires de corruption se multiplient, on ne compte plus le nombre de scandales qui éclatent au grand jour, et pourtant, seuls 6% des dirigeants hexagonaux auraient été confrontés au problème de fraude, contre 13% en moyenne dans le reste de l'Europe et 24 % dans le monde entier. Alors, champions de la transparence, ou un brin crédules les patrons français?
Vertueuse France?
Quelques 24% des chefs d'entreprises espagnols qui admettent avoir eu connaissance d'un cas de corruption, 10% des patrons d'Europe de l'Ouest qui reconnaissent le même problème .... à la lecture des chiffres de l'enquête internationale sur la corruption publiée le 14 mai par le cabinet d'audit Ernst&Young, la France semble avoir été miraculeusement épargnée, quoique pas autant que l'Italie, dont seules 4% des entreprises auraient été victimes de tractations crapuleuses...
Constat équivalent concernant les pots de vin : seuls 10% des Français auraient été abordés en ce sens par un intermédiaire peu scrupuleux pour gagner un marché, contre 13% en Europe, 23% dans le reste du monde, ou encore 20% en Espagne, mais... 8% seulement en Italie.
Même chose s'agissant d'éventuels marchés perdus au profit de concurrents qui eux, auraient accepté de glisser quelques billets sous la table. En France, c'est un non-problème auquel seuls 4% des dirigeants se sont heurtés, contre 32% en Espagne, ou encore 18% dans le monde.
Naïveté
Chance, prévoyance ou bonne gestion des entreprises hexagonales? En dépit des affirmations des patrons français, qui estiment à plus de 80% que les régulations anti-fraude se sont réellement renforcées en France, et ce particulièrement en matière d'audit (également vue comme la mesure la plus efficace de gestion des risques de corruption et de fraude en France), Chez Ernst&Young, on dirait plutôt que « les Français font preuve de naïveté », comme le souligne Jean-Michel Arlandis.
Résultat: « rares sont les dirigeants qui ont pris le problème à bras le corps ». Derrière cette affirmation, le fait, souligne également l'étude, que la législation anticorruption américaine, le Foreign Corrupt Practices Act (FCPA) soit encore très méconnue sur le territoire, la France n'ayant transposé qu'en 2000 la législation OCDE sur la corruption.
"Les entreprises françaises se voilent la face. Leurs dirigeants ont une définition restrictive de la corruption qu'ils sont nombreux à considérer comme un acte commercial normal, non répréhensible dans les pays émergents", estime-t-on chez Ernst&Young. A ce jour, peu d'entreprises françaises ont mis en place des dispositifs de prévention, des règles d'éthique pour leur personnel.
Crédit photo: shareski (Flickr)
La 10ème édition de l’enquête Fraude : « Corruption or compliance – weighing the costs » a été menée dans 33 pays en Amérique du Nord, Amérique Latine, Europe, Afrique, Moyen Orient et Oceanie. 1186 interviews anonymes ont été réalisées avec des personnes sensibilisées aux problématiques abordées dans l’étude, faisant partie des plus grandes entreprises de chaque pays.
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