19% de la capitalisation boursière mondiale vient des pays émergents
On s'en doutait, on en a aujourd'hui confirmation : les nouveaux hérauts du capitalisme arrivent du Sud. A l'heure actuelle, les performances financières et boursières des « géants économiques » des pays émergents seraient devenues comparables voire meilleures que celles des grandes entreprises occidentales, selon une étude du cabinet de conseil international Ernst & Young publiée le 19 mai.
Les BRIC conquérants
Elles sont brésiliennes, russes, chinoises ou indiennes et en sept ans, leur poids sur la scène économique a quadruplé. Aujourd'hui, 19% de la capitalisation boursière des 1000 premières entreprises mondiales, contre 5% en 2000, est originaire du Sud. Alors qu'ils étaient initialement destinataires des investissements occidentaux, les pays émergents se transforment en conquérants des marchés internationaux.
Pour preuve: à l'heure actuelle, parmi les entreprises les plus performantes de ce classement mondial, 221 sont issues des pays émergents contre une centaine seulement en 2000. De plus, 8 groupes issus du Sud figurent parmi les 20 premières capitalisations boursières mondiales. Les BRIC – Brésil, Russie, Inde et Chine – recensent plus de 50% de ces nouveaux poids lourds.
« Source d’opportunités pour les pays occidentaux »
Second point: les performances opérationnelles et financières des « géants » des pays émergents seraient devenues comparables, voire meilleures que celles de leurs concurrents occidentaux. Comprenez: ces entreprises s'agrandissent plus vite et sont plus rentables que leurs grandes soeurs. Ainsi, le taux de croissance moyen annuelle sur 5 ans du chiffre d’affaires des groupes en provenance de 'pays émergents' est aujourd'hui près de 3 fois plus fort que celui des entreprises issues de 'pays développés'.
De même, la marge opérationnelle moyenne des groupes des pays émergents s'élève à 25%, alors que celles des groupes comparables des pays développés n'atteint guère que 14%.
Conséquences: ces bons chiffres se traduisent par une nette progression des cours boursiers des groupes de l’échantillon Sud, en moyenne 2,5 fois supérieure à celle des groupes de l’échantillon 'pays développés' sur 1 an (soit 2,2 fois supérieure sur 5 ans).
Des résultats qui viennent illustrer les premiers signes « d’une tendance qui ne cessera de s’intensifier dans les prochaines années », selon Ernst & Young, qui recommande non un repli des pays occidentaux mais au contraire une ouverture de ces derniers. Il est urgent que les 'pays développés' « rendent leurs territoires suffisamment attractifs pour les investisseurs étrangers » qui représentent des « sources d’opportunités » réelles.
Crédit photo: romainguy (Flickr)
Ernst & Young rend publique sa première étude sur les performances financières et boursières de 66 entreprises européennes, américaines ou japonaises, mises en parallèle avec celles de 32 entreprises de 8 pays émergents.
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