3 100 milliards d'euros par an : la perte de la biodiversité coûte cher à la planète
Entre 1 350 et 3 100 milliards d'euros par an, c'est le coût de l'érosion de la diversité de la vie animale et végétale, selon une étude présentée le 29 mai à la conférence de l'ONU sur la biodiversité à Bonn, où les ministres de l'Environnement se sont réunis pour discuter des moyens de freiner la destruction des ressources naturelles de la planète.
Impact économique
Intitulée "The Economics of Ecosystems and Biodiversity", cette étude est une des premières évaluations majeures de l'impact économique de la perte de la biodiversité dans le monde, à l'instar du rapport de Sir Nicholas Stern sur le coût du changement climatique. Le document donne une valeur monétaire à des facteurs environnementaux tels que l'eau, la protection contre les inondations, les médecines naturelles et les puits de carbone que sont les forêts.
"Alors que notre bien-être est totalement dépendant des services rendus par ces écosystèmes, ils sont considérés comme des biens publics sans marché et sans prix", souligne le rapport. Certains écosystèmes sont probablement déjà dégradés au delà de toute possibilité de restauration, précise-t-on encore.
Etablir la valeur réelle de la biodiversité
Le constat est alarmant, et risque de l'être encore plus d'ici quelques années, à en juger par les chiffres du rapport. Car si une cinquantaine d'espèces de flore et de faune sauvages disparaissent chaque jour, un rythme qui est de 100 à 1.000 fois supérieur à la disparition naturelle de celles-ci, le processe est en passe de s'accélérer dans les années à venir.
Ainsi, si rien n'est fait d'ici à 2050, 11% des espaces naturels restant en 2000 pourraient avoir disparu, transformés pour l'agriculture ou par le dérèglement climatique; 40% des terres actuellement cultivées de façon traditionnelle pourraient devenir des exploitations intensives; 60% des récifs de coraux pourraient disparaître, affectant directement le mode de vie de milliards de gens.
Pour les auteurs de l'étude, il est donc essentiel que la valeur réelle de la biodiversité et des services rendus par les écosystèmes soit intégrée dans les décisions politiques.
En dépit des sombres conclusions du rapport, le ministre allemand de l'Environnement Sigmar Gabriel s'est dit satisfait de l'avancée des travaux mis en place lors de la conférence de l'ONU.
"Quelques questions restent à discuter. Mais je suis optimiste (sur le fait) que nous allons pouvoir les résoudre. Nous avons tout conclu avec succès", a t-il enfin déclaré.
Crédit photo: belgianchocolat (Flickr)
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