-1,5% en 2008 : les avions de moins en moins pleins
Sur fond de crise économique, les conséquences de la flambée du pétrole commencent à se faire sentir. Après l'automobile, l'avion. L’Association du transport aérien international (IATA) publie ses chiffres pour le mois de juin et révèle un ralentissement de la croissance du trafic aérien.
Le secteur du transport aérien est perturbé. Témoins tout d'abord les chiffres du trafic passager (transport de personnes), dont la croissance diminue : passée à 3,8% en juin (contre 5,4% l'an dernier), c'est son plus bas niveau depuis 2003. Le coefficient d’occupation des vols a également baissé, atteignant 77,6 %, soit 1,2 point de moins que les 78,8 % enregistré en juin 2007.
Pour Giovanni Bisignani, directeur général de l’IATA, « il s’agit du plus faible taux de croissance depuis la crise du SRAS en 2003. Avec la perte de confiance des consommateurs et des milieux d’affaires et la flambée des prix du pétrole, la situation va beaucoup s’aggraver » s'inquiète-t-il.
En juin, les compagnies aériennes d’Amérique du Nord ont vu la croissance de la demande descendre à 4,4% contre 8,2% en mai, tout comme celle de leurs homologues européens (2,1% contre 4,1% en mai), ou celle de l'Asie-Pacifique (3,2% contre 4,5% en mai). Même constat concernant les transporteurs du Moyen-Orient qui, bien que plus dynamiques, chutent à 9,6% contre 12,8% en mai. Les seuls à sortir leur épingle du jeu : les compagnies d’Amérique latine, qui ont connu la meilleure performance, avec un taux de croissance de 12,5 %.
Si les chiffres des avions passagers sont préoccupants, c'est dans le fret que la tendance inquiète véritablement. « La tourmente économique mondiale se manifeste clairement dans la baisse de 0,8 % du volume de fret par rapport à l’an dernier », souligne encore M. Bisagnani. Signe que l'essoufflement des échanges mondiaux commence à se faire sentir. Il s'agit ici de la première baisse enregistrée depuis mai 2005.
Perspectives
Si au début de l'année, 25 compagnies aériennes ont fait faillite dans le monde, les pertes pour 2008 pourraient aggraver encore la situation. On prévoit déjà qu'elles puissent monter à 6,1 milliards de dollars (3,9 milliards d'euros), largement au-dessus des 5,6 milliards de dollars (3,6 milliards d'euros) de profit réalisés par les compagnies aériennes en 2007.
«Pour surmonter la crise, il faut des actions urgentes. Les aéroports et les fournisseurs de services de navigation aérienne doivent apporter des améliorations susceptibles de réduire les coûts. Et les gouvernements doivent mettre fin aux taxes insensées et donner aux compagnies aériennes la liberté de se fusionner et de se consolider là où les affaires l’exigent », conclut Giovanni Bisignani.
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