3 Français sur 5 pensent que le catholicisme n'a pas d'influence sur la société française
Beaucoup de bruit pour rien? Des jours que la France entière se répand et s 'empoigne autour des enjeux, réels ou supposés, de la visite en France du pape Benoît XVI les 12, 13 et 14 septembre. Un débat qui, au vu des résultats d'une étude Ifop pour La Vie, publiée le 11 septembre, doit sembler un peu caduc aux Français.
Détachement
En effet, si 52% trouvent la place du catholicisme dans la société française satisfaisante et souhaitent que cette religion continue d'être présente comme elle l'est aujourd'hui, ils sont surtout près de 3 sur 5 à penser que l'Église ne possède pas d'influence sur la société française (24% sont toutefois d'un avis inverse).
Ce qui, pour autant, ne veut pas dire que le point de vue de l'Église soit négligé ou ignoré. Ainsi, interrogés sur les domaines dans lesquels le catholicisme pourrait jouer un rôle favorable, les Français, mais aussi les catholiques se positionnent d'abord sur des questions comme celle touchant à la famille et l'éducation (58%, 74% de catholiques pratiquants et 63% de non pratiquants), la solidarité (56%, 54% de catholique pratiquants et 60% de non pratiquants) et l'éthique et la morale (44%, 52% de catholiques pratiquants et 46% de non pratiquants).
Valeurs
Un domaine de compétence néanmoins limité, l'opinion se montrant en effet beaucoup plus réticente quant à l'influence de l'Eglise sur des débats de société, sur la vie culturelle ou politique, justement. Signe que le concept de laïcité positive, tel qu'exposé par Nicolas Sarkozy, ne trouve pas écho chez les Français. En outre, ils ne sont qu'un tiers et quasiment autant de catholiques à estimer que les vues de l'Église devraient peser sur des questions comme celle de laïcité, l'euthanasie ou l'immigration.
Plus d'un siècle après la loi sur la séparation de l’Église et de l’État, la notion semble fortement ancrée dans l'opinion. Difficile d'inverser la tendance...
Echantillon de 96 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession du chef de famille) après stratification par région et catégorie d’agglomération. Les interviews ont eu lieu par téléphone au domicile des personnes interrogées du 28 au 29 août 2008.
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