150 réactions : polémique autour d'un sondage OpinionWay
Polémique sur le Web. OpinionWay encore accusé de trafiquer un sondage. Au coeur du débat, une enquête pour le Figaro-LCI publiée le 5 septembre, faisant état d'une Ségolène Royal en déroute, lâchée par les sympathisants socialistes. Avec 47% pour qui la présidente de Poitou-Charentes "ferait une bonne première secrétaire", contre 70% qui se prononcent en faveur de Bertrand Delanoë et autant qui votent Martine Aubry, l'ex-candidate à la présidentielle 2007 semble en délicate position.
LePost, en passant par le blog du JDD, ou Betapolitique, l'histoire rebondit et fait boule de neige. Si les chiffres sont importants et les écarts encore plus, c'est surtout la méthodologie du sondage qui pose problème aux commentateurs bien inspirés. Le mot circule avec d'autant plus de vigueur qu'OpinionWay est dans le collimateur des partisans de Ségolène Royal, qui soupçonnent l'institut d'avoir roulé pour Nicolas Sarkozy pendant toute la campagne présidentielle. Forcément, avec de tels antécédents, indispensable de prendre l'enquête avec des pincettes.
Indignation
Premier point de crispation, la question, et la manière dont elle est formulée : "Pour chacune des personnalités suivantes, diriez-vous qu’elle ferait un(e) bon(ne) Premier(e) Secrétaire du Parti Socialiste" peut-on lire sur le verbatim du sondage. Plutôt que d'obliger les personnes interrogées à choisir entre plusieurs personnalités la meilleur pour le poste de Premier secrétaire du PS, l'institut a donc préféré donner une liste de potentiels éligibles, en demandant aux sondés si chacun ferait un ou une bonne leader du parti.
Résultats biaisés, trop flous, peu réalistes et prêtant à confusion, s'indigne-t-on. Pourtant, une fois les erreurs de lecture écartées, dont l'article intitulé "OpinionWay pour "Le Figaro" et LCI inventent les sondages... sur 268%" paru sur le blog du JDD est le plus bel exemple, rien d'exceptionnel ici.
« Personne ne connait la liste finale des candidats »
La formulation de la question est classique, et même assez banale. Pour Bruno Jeanbart, directeur des études politiques et d'opinion chez OpinionWay, c'est la plus juste qui soit. En effet, à partir du moment où "personne ne connait la liste finale des candidats au poste de Premier secrétaire du PS" – ce qui est toujours le cas aujourd'hui- et où on "ne peut pas interroger les principaux concernés, ceux là même qui seront amenés à voter lors de la désignation" (les militants PS, non répertoriés par les instituts), trop de variables existent.
C'est pourquoi, explique-t-il encore, "il
nous apparaît plus judicieux et représentatif de
demander aux sondés non pas une préférence sur
un choix de personnalités arbitrairement choisies, voué
à évoluer d'une semaine à l'autre, mais plutôt
de s 'exprimer sur chaque personne de notre liste. En outre, et
c'est très important, c'est également ce qui nous
permet de mesurer sur la durée l'évolution de la
popularité des uns et des autres. Chose impossible si la
question change chaque fois."
Point de vue également partagé par Vincent Tiberj, chargé de recherche au Centre de recherches politiques de Sciences Po (CEVIPOF ). Pour lui, la question n'est pas "biaisée" et offre "l'avantage d'appréhender la course à la direction du PS et les intentions de vote de façon moins fermée" tout en permettant à l'institut de faire "une analyse sur une petite année". Le problème qui pourrait se poser "ici comme ailleurs", souligne le sociologue, "c'est que les gens ne sachent pas ce qu'est un Premier secrétaire, d'où une reformulation de la question (question posée différemment, souvent plus simplement pour qu'elle soit comprise) par le sondeur. Ce qui change encore les résultats". Pour le moment, pas de quoi fouetter un chat.
"Internet, c'est l'avenir, mais c'est encore un petit peu tôt"
"Ici, ce n'est pas tant la formulation de la question que le mode d'interrogation qui pourrait être sujet à caution" poursuit cependant Vincent Tiberj, mettant justement le doigt sur le second point incriminé par les commentateurs dans ce sondage. En effet, plutôt précurseur, OpinionWay a choisi de réaliser près de 50% de ses études sur Internet. C'est le cas de celle-ci. Une méthode qui suscite pourtant bien des réticences. Trop "rapide", "trop peu représentative", on juge l'échantillonnage de répondants trop limité et par bien des aspects, biaisé. En effet, si les jeunes et les catégories sociaux-professionnelles supérieures sont largement représentés sur la toile, quid des retraités et ouvriers, dans l'ensemble moins connectés?
Si Bruno Jeanbart défend la méthode, arguant que "grâce aux panels, la représentativité est la même, constituée selon la méthode des quotas", ce qui donne des "résultats souvent similaires à ceux d'autres instituts ayant utilisé le téléphone", Vincent Tiberj se montre plus modéré. "A l'heure actuelle, la population internaute qui répond aux questionnaires est différente de celle qui décroche son téléphone. Même si les quotas sont respectés, une femme de 65 ans qui est sur le Net n'a pas le même profil que les autres. Internet, c'est l'avenir, mais c'est encore un petit peu tôt."
La méthode fait débat, elle est toutefois utilisée de plus en plus fréquemment par les différents instituts de l'hexagone. Ifop, Ipsos, TNS Sofres... tous s'y mettent peu à peu. Même si on est encore loin de l'utilisation qu'en font les Etats-Unis, où près de 40% des enquêtes d'opinion sont réalisée sur Internet.
Étude réalisée auprès d’un échantillon de 998 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. L’échantillon a été constitué selon la méthode des quotas, au regard des critères de sexe, d’âge, de catégorie socioprofessionnelle et de région de résidence. Mode d’interrogation: L’échantillon a été interrogé en ligne sur système Cawi (Computer Assisted Web Interview). Les interviews ont été réalisées les 3 et 4 septembre 2008.
Source :
http://www.opinion-way.com/
3 opinions-
valentini, 13 mars 2011 à 12:31
Femme nouvelle, en grande saucisse esseulée
(à la France au bord de la crise d'identité)
Perrette, en tenue de gala, au galop, monte
à la lucarne: haro! Sur la poule à l'impôt.
La Terre et l'Art rabibochés, sous le flambeau
de la Culture, éduquent le coq à la ponte.
(lire la suite sur instants-fugaces.net) -
Gudule34070, 18 septembre 2008 à 15:34
Sans tombner dans l'homophobie, pensez vous sincèrement que peuple soit prêt à élire un homosexuel à la présidence de la république ?
Quels seront nos rapport avec les pays qui n'acceptent pas l'homosexualité...
Arrétez le bien pensé pour le bien pensé ! le PS est une machine à perdre ! qu'il esaie de raisonner comme le Français moyen, et non comme une élite intellectuelle si loin des préoccupations du peuple : le combat contre l'homophobie, c'est une bonne chose ! mais de là à carrément présenter un homosexuel comme président international, avec hollande comme première dame, çà a encore un siècle d'avance par rapport aux moeurs du peuple, et c'est encore voué à l'échec : dans l'état actuel des choses , je ne voterai pas pour un Homosexuel, et donc je m'abstiendrai au 2ème tour... Et ce n'est pas de l'homophobie... c'est du réalisme ! -
Lucide, 17 septembre 2008 à 22:56
Pour moi, Delanoë, c'est la plan B de l'oligarchie des financiers médiatiques de Sarkozy, si d'aventure NS se la pète.
Le très sarkozyste milliardaire Arnault avait même invité à son agape de grand luxe en automne 2007, Lagardère est notoirement son ami, Joffrin PDG de Libé, mis en place par Rothschild (un autre financier de l'entourage de Sarkozy) pour restructurer impitoyablement Libé au capitalisme, a co-écrit son récent livre
Par rapport à Ségolène Royal contre laquelle les médias du clan Sarkozy s'acharnent, Delanoë est parfaitement inaudible comme opposant et se déclare de surcroit libéral.
Ca convient très bien à Sarkozy. Il n'en fera qu'une bouchée en 2012, lorsque ses médias auront tombé le masque.
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