6 Turcs sur 10 plébiscitent la reprise des relations diplomatiques avec l'Arménie
La diplomatie du football serait-elle entrain de porter ses fruits ? Quelques semaines après la visite du Président turque Abdullah Gül en Arménie, venu à Erevan pour assister à un match de football entre les équipes turque et arménienne le 6 septembre, la population turque applaudit.
Tournant
Avec près de deux tiers des Turcs pour qui ce voyage a été un succès, et près de 6 sur 10 qui encouragent la reprise des relations diplomatiques entre les deux pays, selon une enquête du Centre de recherches MetroPOLL, un virage semble avoir été amorcé.
C'est une première dans l'histoire récente des deux pays, pour lesquels ce voyage revêt une dimension historique. En effet, Abdullah Gül est le premier chef d'État turc à se rendre en Arménie depuis son indépendance en 1991. De fait, Turquie et Arménie n'entretiennent plus de relations diplomatiques, un profond différend les opposant sur la question du génocide arménien. Erevan soutient que les massacres d'Arméniens commis sous l'Empire ottoman de 1915 à 1917 ont fait jusqu'à 1,5 million de morts et les qualifie de génocide. Version catégoriquement rejetée par la Turquie.
"Briser la glace"
"La Turquie et l’Arménie ont pris des mesures pour normaliser leurs relations après de longues années de discussion. Quoique quelques partis politiques et certains politiciens se soient fortement opposées au voyage de M.Gul à Erevan, les deux gouvernements et présidents ont fait de leur mieux pour briser la glace. La visite de Gul en Arménie a été reçue avec satisfaction par la nation turque. Pour moi, cette visite peut être un tournant dans les relations turco-arméniennes" a déclaré le Professeur Ozer Sencar, l’un des auteurs du sondage publié dans le quotidien turc TodaysZaman.
Ainsi, quand 25% des personnes interrogées disent défendre la position des partis d'opposition, très promptes à condamner le déplacement du président Gül au début du mois, plus de 65% sont d'un avis inverse. De même, on constate que seuls 25% des Turcs souhaitent que la Turquie maintienne la politique existante, contre 63% qui désirent au contraire élargir la brèche ouverte par leur chef de l'Etat.
Ce qui fait dire à Ozer Sencar que "les gens ne veulent pas d’événements datant de la période Ottomane qui affectent leurs vies plus longtemps. C’est pourquoi ils attachent une si grande importance à la visite de M.Gul à Erevan". La suite au prochain match?
Crédit photo : astique (Flickr)
Exprimez-vous! Pensez-vous que le football puisse influer sur les relations diplomatiques entre deux pays ?
Le sondage téléphonique a été conduit le 7 septembre parmi un échantillons de 1019 adultes.
1 opinion-
lolo, 23 septembre 2008 à 10:48
Vous avez fait une faute d'orthographe dans le titre.









