79% d'avis que si l’Etat peut prêter des milliards aux banques, il peut accorder un peu plus aux démunis
Ambiance, ambiance ... Nicolas Sarkozy a beau se démener pour colmater les brèches ouvertes par la crise, les Français ne sont pas convaincus par le plan de sauvetage adopté par l’UE. Pour la majorité d'entre eux (56% contre 38%), celui-ci ne réussira pas à ramener "une confiance durable aux investisseurs", pas plus qu'il ne parviendra à favoriser la reprise de la croissance économique en France (59% contre 35%), indique une enquête BVA.
"Accorder un peu plus aux démunis"
Rude constat alors que la ministre de l'Economie Christine Lagarde vient de signer un chèque de 10,5 milliards d'euros aux six plus grandes banques françaises. D'autant que le pessimisme ambiant est aujourd'hui partagé par toutes les catégories de population (seniors et sympathisants de droite exceptés), y compris ceux qui approuvent généralement la politique économique du gouvernement –cadres, chefs d’entreprises, pessimistes à plus de 60% sur ces deux questions – . Sans surprise, les ouvriers et les employés, d'ordinaire plus rétifs, ne sont aujourd'hui pas plus optimistes qu'hier (60 à 65%).
En outre, visiblement assez échaudés par la situation, les Français sont également très largement d'avis (79%) que "si l’Etat peut prêter 40 milliards aux banques, il peut bien accorder un peu plus aux démunis". Par ailleurs, on constate que près des trois quart d'entre eux considèrent également "qu’il faudrait maintenant que l’Etat investisse beaucoup d’argent pour soutenir l’emploi». Signe que le mot a fait son chemin, 67% (toutes catégories socio-professionnelles confondues !) estiment même que "la crise prouve que le système libéral ne fonctionne pas et qu’il faut le changer". Système libéral dont l'opinion accuse Nicolas Sarkozy d'avoir été le promoteur, encourageant l'endettement des ménages, et ce jusqu'au revirement présent. 58% sont d'avis que le président dit aujourd'hui le contraire de ce qu'il disait il y a un an.
"Conséquences lourdes sur l’attitude des Français face aux réformes à venir"
Enfin, 54% considèrent que dans la situation actuelle "il ne faut surtout plus privatiser ou ouvrir le capital de services publics". Ce qui semble "problématique pour l’exécutif" selon Gaël Sliman, directeur général adjoint de BVA car cela "peut avoir des conséquences lourdes sur l’attitude des Français face aux réformes à venir (ouverture au capital de La Poste,) et à leur acceptation de mesures difficiles (éventuel non-coup de pouce au pouvoir d’achat, frilosité dans les investissements sur les emplois aidés, réduction du nombre de postes de fonctionnaires)."
L’Institut BVA a réalisé ce sondage par téléphone les 17 et 18 octobre auprès d’un échantillon de 1014 personnes, représentatif de la population française âgée de 15 ans et plus. La représentativité de l’échantillon est assurée par la méthode des quotas, appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, profession du chef de famille après stratification par région et catégorie d’agglomération.
2 opinions-
jue79, 25 octobre 2008 à 14:46
Je ne suis pas d'accord. L'Etat n'a pas retrouvé des millions égarés, il a simplemnt dû emprunter cet argent aux pays producteurs de pétrole entre autres, tels l'inde, l'Arabie saoudite,... L'Etat a fait a dû s'endetter pour ce sortir de cette m***, et cette argent, il faudra bien le rembourser. -
carl, 21 octobre 2008 à 18:00
C'est fou comme on retrouve quelques millions égarés quand on a le couteau sous la gorge... beaucoup plus difficile quand on est juste sur des mesures sociales, c'est extraordinaire..
Vie Quotidienne > pouvoir d'achat
des Français brident leurs achats pour faire face à la hausse des prix








