75% des pays de l'OCDE ont vu le fossé riches-pauvres se creuser en 20 ans
En 20 ans, le fossé entre les riches et les pauvres s’est
creusé dans la plupart (75%) des trente pays de l’OCDE,
exception faite de la France, la Grèce, l'Irlande, l'Espagne
et la Turquie.
Selon le rapport "Croissance
et inégalités"
de l'OCDE, la croissance économique des 20
dernières années aurait donc davantage bénéficié
aux riches qu’aux pauvres. Dans certains pays, notamment
l’Allemagne, le Canada, les États-Unis, la Finlande,
l’Italie et la Norvège, l’écart s’est également
accentué entre les riches et la classe moyenne.
« Une inégalité croissante est un
germe de division »
Un constat contre lequel le Secrétaire général
de l’OCDE, Angel Gurría, met en garde, soulignant la
nécessité, pour les gouvernements, de s’y attaquer. "Une inégalité croissante est un germe de division. Elle
polarise les sociétés, elle crée une fracture
entre les régions des pays et elle creuse dans le monde un
fossé entre les riches et les pauvres.» En
outre, « l’accroissement des inégalités
de revenu bloque l’ ascenseur social ".
Pour
l'OCDE, le nombre de personnes peu qualifiées, faiblement
instruites et sans emploi est à l'origine des inégalités
de revenus. Autre facteur : la multiplication des personnes vivant
seules, au même titre que les familles monoparentales.
Second
axe fort de l'étude : les revenus des différentes catégories sociales
n'ont pas évolué de la même façon. Ainsi, au cours des 20 dernières
années, les
individus proches de l’âge de la retraite (classe d'âge ?) sont ceux
dont les ressources ont connu la plus forte
progression. Quant à la pauvreté -définie comme un revenu inférieur à
la moitié du revenu médian-, elle diminue chez les retraités d'un
grand nombre de pays. Mais les enfants et les jeunes adultes sont eux
plus nombreux à y faire face. Pour ces populations, la probabilité
d'être "pauvre" est aujourd'hui supérieure de 25% à
celle de l'ensemble la population. Elle a également progressé
chez les ménages monoparentaux (3 fois plus de chances
qu'ailleurs) alors que les pays de l’OCDE dépensent trois
fois plus pour la politique familiale qu’il y a 20 ans.
La France, bon élève
Pour M. Gurría, il faut s’attaquer autrement à ce
problème, dont le traitement est en "perte d'efficacité ces
dix dernières années". De son point de
vue, "vouloir combler les lacunes de la distribution
des revenus uniquement par une augmentation des dépenses
sociales revient à traiter les symptômes et pas la
maladie."
En revanche, souligne-t-il encore, "si les inégalités se sont aggravées, c’est en majeure partie à cause des changements qui se sont produits sur le marché du travail. C’est là que les gouvernements doivent agir. Les travailleurs peu qualifiés rencontrent de plus en plus de difficultés à trouver un emploi. Accroître l’emploi est le meilleur moyen de réduire la pauvreté", a déclaré M. Gurría.
Un argument de poids, car c'est justement celui que les analystes de l'OCDE avancent pour expliquer la bonne tenue de la France dans ce rapport. En 20 ans, les changements intervenus sur le marché du travail hexagonal auraient eu un impact positif. Résultat : les inégalités et la pauvreté sont inférieures en France à la moyenne de l'OCDE, même si elles "n'atteignent pas les niveaux les plus bas des pays nordiques".
Source :
OCDE : Les inégalités de revenus et la pauvreté s’accroissent dans la plupart des pays de l’OCDE
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